Lève les yeux
Peter Handke dans Un songe de jour d’hiver p149 en Folio s’intéresse au verbe grec « lire ». Celui-ci serait traduit littéralement par « le haut regard » « le haut-voir » « le haut-connaître ». L’écrivain dans son récit ajoute qu’il s’agit d’ « un mot sans injonction particulière, une invite, plutôt, un appel ; » à
l’instar du style de Micaël.
Sa magnifique composition graphique, parue dans Le Monde en accès libre à la rubrique Débats, Idées du 15 septembre est judicieusement signée au-dessus d’une maxime : L’humain peut se passer de notre intelligence pour s’autodétruire.
La phrase est prononcée par deux robots qu’il campe avec finesse. Placés de dos, au premier plan ils sont des doubles des spectateurs que nous sommes. Tout se répond : Les mêmes traits légers et discontinus composent le parterre et les façades des gratte-ciel, les mêmes teintes de bleu colorent les éléments du
paysage. Quand les volutes des fumées s’envolent accompagnées de flammes sauvages, c’est notre regard à nous qu’elles emportent. Pourtant, en cette journée du 20 septembre dédiée au patrimoine, mis en face des destructions, au lieu que les bras nous en tombent, notre regard, par la délicatesse de votre touche s’élève. Le texte de Peter Handke est plus connu sous le titre d’Essai sur
la journée réussie : « Une seule chose suffit et le jour tout entier s’élève transfiguré . » L’originalité de votre propos de ce 15 septembre fait de votre dessin un dessin réussi.
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