Willem, un sourire éclaire nos ténèbres
- lecirquedesmots
- 30 sept. 2025
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 3 févr.

Préambule à la mise en ligne d’un texte portant sur un aperçu
de plusieurs dessins de Willem.
La Littérature, chacun la défend par l’écriture et la lecture donc par une certaine forme de
pratique. On peut proposer une lecture, en discuter ensemble avec un prof. Autour de lui les paroles se libèrent, s’échangent, s’envolent. Quelquefois il en résulte des mots, d’autres expressions, d’autres idées, d’autres ressentis. Une certaine forme aussi de bien-être collectif.
La lecture, celle d’une image ou d’un dessin est pour moi un acte. La Littérature offre la possibilité de lire des ouvrages différents. Faire une lecture politique, psychologique, sociologique, économique, historique d’un texte, est une autre forme de lecture. Par exemple lorsqu’une personne
« sachant de quoi elle parle », pour citer les mots entendus lors d’une émission que je regardais sur France 24, cite un ouvrage littéraire, connu des Littéraires dans un discours de nature politique, la personne peut donner une lecture politique de cet ouvrage en sachant d’où il parle, où il se situe. Cela aide d’ailleurs à situer le propos. Cela se fait peu car d’autres formes de culture ont pris le relais.
Etudier les liens entre Littérature et Politique, entre Littérature et Economie pour ne citer que deux exemples est très intéressant dans la mesure où les connaissances dans l’un des deux domaines et un intérêt suffisant, une appétence dans l’autre domaine se rencontrent. L’entre-deux ici et les aller-retour entre les spécialistes des deux disciplines est dynamisant.
En revanche réduire un propos d’un écrivain, d’une œuvre littéraire à la seule grille de lecture politique ou économique ou sociologique ou philosophique etc me paraît à moi hasardeux. Les historiens prennent en considération ce qu’ils définissent non pas comme des textes ou des images mais des documents. Ils les analysent avec leurs concepts après avoir procédé à des vérifications. Bien sûr certains textes littéraires ont un caractère plus ou moins politique. Qu’est-ce qui fait qu’un texte est politique et quels sont les critères qui font qu’il est considéré présentant un intérêt littéraire ? En Littérature ces questions se posent et des critères existent, évoluant avec les disciplines. Ainsi la Stylistique est une discipline littéraire. On relève des critères révélant un intérêt singulier, une esthétique etc. Il s’agit alors pour des spécialistes de Littérature non pas de s’opposer mais de s’entendre sur les significations, sur le sens de l’écrit d’un autre que soi. En s’intéressant seulement ou par trop aux entre-deux, on risque de s’éloigner les uns les autres, au lieu de se rassembler autour de la lecture, de l’écriture et de la compréhension mutuelle si importante pour l’humanité.
L’enjeu de la Littérature, d’une Littérature traversant les différences, touchant même longtemps après avoir été diffusée ; une Littérature diffusée loin géographiquement de la main qui l’a écrite
est un enjeu un peu plus que sociétal. C’est pourquoi il me semble important d’être capable de se centrer sur ce que dit le texte, d’abord d’un point de vue littéraire. Ensuite bien sûr chacun apporte ses connaissances. On peut s’intéresser à l’entre- deux ; entre Sciences humaines ou sociales et Littérature mais aussi Musique et Littérature, ou bien Arts Graphiques et Littérature, ou bien Religion et Littérature, cela est tout à fait envisageable mais cela reste un entre – deux. On risquerait peut-être sinon d’oublier une partie de la Littérature . Une partie qui s’est développée des années 55- 60 aux années 90. Des écrivains ont fait le choix de se contenter de mots simples et d’être accessible à tout un chacun, où qu’il se trouve. Sans beaucoup de connaissances, simplement celles que possèdent l’esprit et le coeur lorsqu’ils s’ouvrent à l’écriture d’autrui. Lorsqu’on cherche à entendre Autrui.
Je souhaite aussi préciser que pour moi qui rédige, Dieu et les âmes, sont respectables. Cependant Dieu est constitué de vide, notre âme est constituée de vide. Le vide est un élément, un composant que l’on a mis en évidence dans l’air en prenant des mesures à différentes altitudes. Tout comme l’eau, la terre, le feu et l’air, le vide est un élément physique palpable, étudié par les scientifiques. Dans certaines religions on ne représente pas Dieu. Pour moi cela a du sens. Dans un cours on m’avait dit mais je croyais qu’il était mort ; je me disais c’est son fils, son incarnation humaine qui est mort; dans d’autres religions les Dieux ont des formes différentes, changeantes. Je pense que la prière, la méditation, ont une action sur notre environnement, notre lien aux autres,. La foi est pour moi l’ensemble des discours, des dialogues, des croyances que l’on tient pour un Dieu ou face au vide, peut-être un vide sidéral. Les personnes croyantes tiennent un langage et ce langage peut être traduit auprès de quelqu’un ayant une autre religion ou étant athée. Il me semble que les discours les paroles, les écrits des philosophes et des penseurs tiennent dans chaque culture une place qui est équivalente à ces discours religieux. Ils ne sont pas de nature différente, ils sont d’un ordre différent. Dans mon travail je veux montrer, prouver de manière littéraire c’est à dire convaincre en écrivant que la Littérature est un art du vide et que ce vide est moteur. Je pense que les religions organisent la vie avec cet élément, dans chaque culture. On lit et on organise la vie avec ce vide, équivalent d’un Dieu pour moi, qui relie toutes les matières est présent dans tous les matériaux et est traversable. Pour moi l’âme est constituée de ce vide. Je n’ai pas évoqué de pratiques religieuses différentes car mon propos est littéraire. Je pense qu’en analysant autrement les textes religieux on peut alors aussi lire nos artistes des années soixante à quatre-vingt dix autrement. Les paroles, venues du vide, ils les écrivent, à la main ; on peut alors les respecter en les étudiant et leur accordant le même intérêt que d’autres accordent à des textes sacrés. C’est la même spiritualité, on peut partager. J’ai une vision moniste de l’univers, je pense que l’univers terrestre ne fait qu’un et que c’est une chance pour la vie. La Littérature rend compte de la nécessité, du besoin vital de ne pas vivre seul,isolé. Nous sommes faits pour vivre en couple ou en groupe ou en société et pour nous exprimer. Je n’ai la foi dans aucune religion plus qu’une autre, je suis de culture chrétienne et je m’intéresserai aux autres religions et à leurs textes. Faire le vide en soi est un préalable à la prière, à la contemplation, aussi à l’appréciation d’une œuvre. Les religions ont aidé et ont des techniques depuis longtemps. Les libertaires ont aussi d’autres manières pour faire le vide en soi et pour vivre en société. La religion proposent un accès à une belle forme de spiritualité. C’est important de prouver que d’autres accès existent. Alors on pourra entendre autrement certains combats, certaines révoltes, certaines incompréhensions et certaines haines. Je ne suis pas anarchiste. Je ne suis pas « rouge et noir ». Mes couleurs seraient plutôt le gris car les libertaires ont renoncé à la violence en Europe depuis quelques temps déjà. Le vert est ma couleur associée car j’aime bien l’écologie, et parce que cette couleur évoque pour moi quelque chose de positif, est associée à de bons souvenirs. Certaines personnes pensent qu’en étant pas un acteur politique, une élue ou responsable, on se doit quand même de choisir non pas une idée , non pas une orientation sur tel ou tel sujet mais un camp idéologique ou un parti. Je ne suis pas d’accord. Je refuse. Pour moi ces personnes ne s’intéressent pas du tout aux débats politiques aux enjeux aux discussions et aux personnes qui portent les idées ou organisent les débats. En commentant certains dessins de Willem, un de ses livres et un fascicule, je veux montrer que Willem n’est pas de ceux-là. J’ai visionné les enregistrements des rencontres organisées à Lyon dans le cadre de l’exposition qui lui était consacrée. Je ne suis pas d’accord avec certains propos tenus sur son œuvre. J’ai écrit mon texte en reliant ce que j’ai perçu de son univers pictural à deux livres de Samuel Beckett. Je le publierai peut-être par fragments. Je terminerai par la célèbre phrase issu du monologue de Figaro : Sans la liberté de blâmer, il n’y a point d’éloge flatteur. Cette phrase de Beaumarchais est moins ostensiblement mise en valeur sur la version numérique du journal Le Figaro mais sur la version papier, c’est une devise depuis deux cent ans. Une fête pour le bicentenaire et des rencontres ont été organisées au Grand Palais à Paris . On peut considérer Figaro comme un serviteur mais sur un plan littéraire on peut entendre la voix d’un faire valoir. C’est alors une forme d’union dans la différence. Les dessins de Willem que j’ai commentés ne me font pas dire qu’il serait « sans limite ». ni lui ni ses dessins. L’observation renouvelée et réjouissante que j’avais de la lecture de Libération, journal dans lequel il était publié me fait plutôt envisager le fait qu’en nous plongeant dans l’inconnu et l’inimaginable, il nous fait dépasser nos limites à nous, petits êtres humains pris individuellement . Nos esprits, notre imagination est limitée. En choisissant le noir et le blanc, en confrontant ces surfaces, il fait coexister des entités séparées, opposées, sans jamais renoncer à accorder son regard, sa pensée à chacune des deux parties, pour faire naître en nous un esprit collectif. Quitte à dépasser momentanément les bornes, on reçoit un choc positif : il fait ainsi du temps de lecture de son dessin une expérience de vie à part entière.
Bonne soirée à toutes les personnes pleurant en ce début d’année, ce mois de janvier 2026.


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