Monsieur Songe de Robert Pinget, l' incipit.
- lecirquedesmots
- 17 févr.
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Dernière mise à jour : 24 févr.
Vous retrouverez ensuite sous la phrase de Robert Pinget A la page tant saison de... des critiques ou des commentaires sur des livres. Mes études préparatoires rédigées en amatrice seront placées pour chacun des auteurs sous leur nom. Je reprendrai peut-être certains de ces éléments pour poster sur la toile des critiques. J'ose ici faire face au jugement car la liberté se prend. Je suis prête à renier certains de ces écrits, à entendre d'autres lectures. J'ai peur bien sûr de faire des contre-sens. En Littérature on ne doit pas faire dire à l'auteur ce qu'il n'a pas dit. Ces tentatives d'essai de simulacre de commentaires de lecture ont pourtant une certaine valeur, à mes yeux de lectrice de Robert Pinget. Je défend le plaisir de lire, je souhaite faire la part belle au mot « matériau » contenu dans le titre Mahu ou le matériau. Je n'ai pas encore lu les thèses écrites. Ce n'est pas pour garder une certaine fraîcheur, c'est pour partir de ce que j'ai lu. Aller au fond de soi donne lieu à aller vers les autres. Lire est une rencontre. Ce que je ressens en lisant avec la voix de Robert pinget est une fructification. Nathalie Sarraute a écrit Les fruits d'or. Peter Handke à l'occasion de la réception de son prix Nobel s'est laissé photographié avec sur la table des fruits d'Automne .
Robert Pinget semble nous proposer sa place. C'est pourquoi j'ai évoqué l'idée d'un fauteuil dans le texte précédent daté du 15 janvier.
Pour le moins il nous présente sa maison est-ce une maison d'artiste ? Il en existait à Vienne au 19ème siècle mais il s'agissait de cafés dans lesquels les artistes se retrouvaient pour discuter.
Il me raconte (à moi c'est comme cela que je le ressens) d'où il cause. D'où il parle. Il emploie le pronom personnel « je » beaucoup plus tard dans le récit.
Pour autant il est bien présent mais peut-être en congé, un peu absent, en villégiature, au bord de la mer.Il est bien présent pourtant puisque je l'entend. Ce premier chapitre est intitulé en majuscules LE RETRAITE.
Je l'entend se disputer un peu avec sa dame de compagnie. Certains pourraient penser qu'il s'agit d'une bonne, d'une domestique puisqu'il emploie ces mots. Pourtant il lui parle sur un ton familier et c'est ce qui compte. Cette dame fait partie de la maison, ils se connaissent.
Puisqu'il se dispute, j'en déduis qu'il est préoccupé. Dans le commentaire qui suit à propos de l'incipit, je réalise qu'il est certainement triste. Se sent-il menacé de ne plus être le maître chez lui ?
Cette entrée me semble ,in média res, toute en action, en activité, en interaction avec les personnes et le lieu dans lequel les mots lui viennent.
D'ailleurs il se soucie de l'environnement. Il n'est pas dans un lieu fermé.
En exergue une phrase est inscrite sous le titre en décalage vers la droite et en italiques . J'aurai dormi. Suit en dessous la signature Monsieur Songe avec des caractères différents.Ce J en majuscule pour indiquer un début de phrase se situe dans l'alignement vertical entre le o et le n du mot Monsieur situé plus bas.
Robert Pinget tel un poète joue avec les lettres. Il insuffle à son propos ,en esthète qu'il est dans tous ses livres, une rigueur. Le chiffre I est disposé dans l'alignement sous la lettre T de retraité. On descend progressivement pour arriver au premier paragraphe.
L'écrivain bouscule ainsi nos habitudes de lecture car en général on signe à la fin.
Pour moi c'est une manière d'aborder un mystère, le mystérieux Monsieur Songe. On se demande mais qui est-il ?
En plus de la tristesse, je le devine un peu nostalgique. Pour un retraité ce ne serait pas surprenant. Et pourtant Robert Pinget emploie avec la forme du verbe « aurai » ce qu'on nommait jadis un futur antérieur, un irréel du passé. Il induit non seulement une distance,celle entre l'écrivant et l'écrivain mais aussi une hiérarchisation de l'espace typographique et un ordonnancement du temps. Il m'invite à penser que Monsieur Songe se différencie de Robert Pinget. L'importance, le rôle du songe dans la vie de l'écrivain est prouvée par l'emploi de Monsieur. Une appellation ensuite de laquelle on attend un nom patronymique. Chez les modernes ce nom de famille s'oppose au nom d'un fief ou d'une terre. Chez les anciens le nom patronymique est donné au descendant d'après celui d'un des aiëux. Par exemple le nom patronymique d'Agamemnon est Atrides parce que fils d'Atrée.
« J'aurai dormi » se retrouve placé avant le corps du texte. Je note ici que Raymond Cousse dans Stratégie pour deux jambons termine lui son récit par « j'aurai vécu ». Peut-être ces deux écrivains par des moyens singuliers abordent-ils leur métier, leur difficile vie d'artiste avec le même détachement vis à vis de ceux et celles les enfermant dans une image d'eux-mêmes qui ne leur va pas. N'est-ce pas une manière aussi d'affirmer l'autonomie des écrivains professionnels et l'indépendance de la Littérature. On emploie la formulation « j'aurai dormi » pour émettre une hypothèse et donc un doute voire un questionnement. On dit aussi ici en France pour s'excuser et signifier qu'on est pas concerné « je n' était pas » même si ce n'est pas tout à fait vrai et qu'en réalité on était pas présent mais concerné tout de même. J'ai pu lire qu'en Suisse on a tendance à faire des blagues assez intenses, condensées pour piquer au vif « Le Witz ».
Je reviendrai bientôt sur le roman de Raymond Cousse pour le présenter car j'avais déjà écrit un texte à propos de Monsieur Songe mais pas à propos de Stratégie pour deux jambons.
En mathématiques la dénomination « différentiel « définie un processus : « qui procède par différences infiniment petites ». « Différencier » signifie séparer par une différence, en lettres mais aussi pour tout le monde. Il s'agit d'un langage courant.
LE RETRAITE comporte six parties se succédant en chiffres romains.
Il y est question de Monsieur Songe.
J'ai évoqué la tristesse et le mot « ennui » surgit à la ligne 5. Alors que la station balnéaire est évoquée. La solitude n'est pas nommée mais entre l'adjectif « pleine » associé à l'été, et l'adverbe « très » qualifiant la station ennuyeuse l'hiver, on remarque un fort différentiel. L'été est la saison des moissons et des vacances des enfants. On perçoit un vide et cette solitude pourrait être liée à la nostalgie car l'expression « non loin » d'Agapa révèle un mouvement de l'âme. La négation représente-t-elle un échec, une déception. Dans sa vie privée Monsieur Songe a peut-être perdu quelqu'un. La tasse de café posée sur la table pour débuter le paragraphe suivant est « vide ». La négation est associée à la lecture du journal. Hors on sait qu'un des topos littéraires était de représenter les écrivains assis à une table. Sur une des très belles couvertures visuelles( à mon goût )chez Folio montre une silhouette d'un homme assis à une table et dont on ne distingue pas les traits du visage avant le texte de Peter Handlke Le malheur indifférent. Jusqu'à la ligne 8 le pronom personnel pour désigner Monsieur Songe est celui de la troisième personne du singulier. « Il »
La « feuille » désigne bien le journal cependant pour l'écrivain c'est l'endroit aussi où il se projette où il se donne. C'est une surface qu'il anime associée à la vie au mouvement des lettres. Celle-ci est régionale et la notion de proximité qui faisait souffrir va être dépassée. Cette feuille « lui donne une contenance vis à vis de lui-même »
Ce dépassement correspond à la ligne 8 avec le changement du pronom personnel « on ». Il sort de lui-même, il s'imagine vu par un autre ou par lui-même. Puis il emploi « un infinitif » « rester assis(...) ne se fait pas » et il donne l'heure ce qui me fait revenir au réel, moi aussi la lectrice.
C'est de nouveau la qualification « Monsieur Songe » qui revient . Le temps du passé est mis à distance par un « il y a longtemps » . Cette expression est située en bas de la page en dernier mot et nous la tournons physiquement quand peut-être il s'agit de partager sa douleur de devoir « tourner la page » au sens figuré du terme. Il y a longtemps est le début d'une contine enfantine : il y a longtemps que je t'aime associée à jamais je ne t'oublierai.
Nous sommes avec lui. Ironiquement peut-être Robert Pinget évoque l'indépendance du littéraire qui n'a « plus besoin de personne pour lui dicter sa conduite. » ou bine il s'est émancipé d'un proche par la littérature et celui-ci n'est plus. Je reviendrai sur le contexte littéraire et sociétal dans lequel Robert Pinget écrit. Le vocable « dicter » peut s'entendre aussi en tant qu'évocation de l'activité d'écrire, de transcrire, de passer de l'oral à l'écrit. Je note que l'adverbe « sans » évoquant la privation le vide, est accolée à l'adjectif « grande » dans un groupe de mots où il est question de quelque chose d'important. Pour moi c'est un peu déjà une traversée du vide. Deux éléments opposés font naître la vie et le récit avance.
Quelque chose qui l'occupe et le préoccupe reste en suspends. La tristesse est reprise par trois fois dans l'adverbe peut-être. J'y reviendrai mais Maguy Marin avait créé un très beau spectacle intitulé May B. en anglais maybee signifie peut-être Robert Pinget a publié un roman intitulé l'Hypothèse. Un jour les universitaires enseignant en lettres devront plus souvent citer ce livre. Leurs auditeurs et auditrices le connaîtront. Cela deviendra une référence pour cette littérature des années soixante une littérature qui a des rêves, qui émet des hypothèses à la suite d'une époque où l'on songeait. N'oublions pas que chez les anciens interpréter les songes, prendre appui sur l'imaginaire titre d'une collection chez Gallimard avait du sens et de l'importance. Je place quelques documents dans les références de temps en temps pour évoquer les anciens ou les religions ou des notions comme le vide ou l'alchimie.
Robert Pinget était un précurseur.
Ce peut-être désigne quelque chose qui n'est pas advenu. La répétition est un peu le signe d'un démarrage difficile, d'un moteur se mettant en route. La description de la maison
nous amène à la notion de pouvoir. Mais cette notion est déshabillée, mise à nu, dépouillée, défaite. C'est seulement « la villa domine la mer ». L '« éminence » dont il nous cause est associée à une pente « douce ». Il n'associe pas avec quelque chose qui monte mas qui descend.Robert Pinget dissocie souvent nos a-priori, nos idées, nos suites logiques. Tout ce qui s'impose de fait, machinalement mécaniquement, ce qui est déclenché automatiquement ne l'intéresse pas. Son univers n'est pas celui du calcul de la préméditation. Cela paraît contradictoire tant il est précis. C'est pourquoi dans la deuxième partie de mon étude je m'intéresserai à ce qui est écrit et comment c'est écrit. Je m'appuierai sur quelques autres de ses œuvres. Lorsqu'il parle de la maison il mentionne la « chambre inoccupée » jouxtant celle du maître mais alors il introduit du positif, il restaure une vue commune, un ensemble, en notant un point commun. « ont toutes deux un balcon qui a vue sur la mer ». Après l'avoir entendu et avant de commenter sa manière de regarder,ce sera pour le prochaine fois , remarquons que les trois pièces du bas « donnent » sur l'extérieur et que la chambre de la bonne « s'ouvre ». Autrement dit Monsieur Songe évoque un lieu, celui depuis lequel il écrit, en tant qu'un lieu ouvert. Après quatre paragraphes Monsieur Songe est présenté et a pris place face à la mer en face du soleil, à côté d'un espace vide.
L'étude de l'incipit dans Monsieur Songe (texte du 1702) met l'accent sur la façon dont l'écrivain fait le vide en lui et compose avec des énergies contradictoires pour trouver un équilibre. En ce sens il exerce , un peu de la manière dont François Cheng l'explique et le préconise, un bon usage du vide.
Après avoir décrit la villa de manière assez objective, succincte, un peu en forme de constat. « Il y a » le dernier paragraphe avant le chapitre II débute par un regard. Celui de Monsieur Songe se portant vers le lointain. Après avoir trouvé un certain équilibre, statique, à l'intérieur de lui-même , le mouvement, celui de la vie, reprend. Concrètement il suit des yeux un « petit bateau ». Le mot employé pour évoquer le mouvement est « évolue ».
Les hésitations » ce doivent être » « quoiqu'il » « Mais peut-être » accompagnent le fait que c'est « lentement ». Il précise que nous nous situons bien en hiver mais alors que celui-ci était associé à l'hiver, il est maintenant associé à « un rythme différent ». Les pêcheurs sur l'eau dans l'imaginaire des chrétiens mais peut-être aussi dans d'autres cultures évoquent des gens pauvres. Cela ressemble aussi pour moi à une action consistant à faire sortir de l'eau, de la mer, faire sortir d'une immensité, quelque chose de vivant. Les deux pêcheurs aperçus sont qualifiés de « deux personnages » semblent correspondre ,pourquoi pas, à du passé. Les personnages seraient venus du passé, ce qui est enfoui sous l'eau et donc qu'on ne voit pas. « distingue » les distances sont difficiles à évaluer »d’autant que l'eau est le berceau de l'évolution de la vie. La nostalgie serait à l'oeuvre. De plus la villa pourrait être une demeure c'est à dire un « Domus » en latin qui donna domicile. Le Domus en latin a aussi le sens de famille, d'école de philosophie, et encore de patrie.
Avec l'appellation « personnages » on entre dans la fiction et dans la disparition d'une partie de ce qui se voit. « La lumière est trop forte » fait penser à la lumière des projecteurs sur scène ou bien celle d'une exposition c'est le nom que les littéraires donnent à la première scène d'une pièce de théâtre. Robert Pinget a fait du théâtre et écrit des pièces. Alors que la chambre à côté de la sienne était inoccupée, l'embarcation maintenant disparaît. L'écrivain a dépassé un peu le chagrin ou se distancie de la perte de quelqu'un « le résultat est nul » prouve qu'une certaine annihilation de forces contraires a lieu, une certaine neutralité s'installe. « Embarcation » est un mot que les gens du commun , nous, emploient à tort pour « embarquement des personnes » Hors embarquement signifie entrée dans quelque intrigue. S'embarquer c'est commencer, entreprendre sans savoir toujours où l'on va.Les gens de culture pourraient aussi penser librement à une référence culturelle. L’embarquement pour Cythère (1718) est une réplique effectuée par Watteau de son propre tableau datant de 1717 le Pèlerinage à l’île de Cythère présenté par le peintre à son entrée à l’Académie royale de peinture. La fête galante est une réunion ludique en plein air , caractéristique de la peinture rococo. Après le décès de Louis XIV délaisse les splendeurs de Versailles pour les folies et les maisons de ville plus intimes. Les participants se courtisent et se mettent en scène d’après la comedia dell arte. La fête galante est liée à la fête champêtre et Robert Pinget dans d’autres ouvrages apprécie de faire partager des ambiances bucoliques, liées à la pastorale antique. Vous trouverez des commentaires de ces tableaux et je développerai plus tard. Cependant Cythère une île de la mer Egée abritait un temple à Aphrodite., déesse de l’amour. En l’absence de catégorie pour les œuvres de Watteau l’académie créa celle de fête galante entre le genre du portait et celui de la peinture d’histoire. C’est intéressant pour entendre que l’oeuvre de Robert Pinget ne rentre pas dans les catégories, les genres littéraires. Ainsi le genre de l’autobiographie est remis en question dans les années 80. Sur Wikipédia, certains critiques émettent un doute sur le fait qu’il s’agisse d’une arrivée ou d’un départ vers l’île. Ici l’île est un îlot dont les deux pêcheurs approchent avant de disparaître. On précise dans l’encyclopédie que Watteau était un poète rêveur et qu »’il n’y a pas de volonté d’opposition sociale dans la mise en parallèle des aristocrates et des gens populaires mais la volonté d’une représentation de l’univers du théâtre par ce peintre ». C’est pourquoi le mot bonne pourrait aussi dans le texte de Monsieur Songe évoquer une réalité plus étendue. Un qualificatif pour désigner la bonté ou bien dans un couple la personne rendant service. Ainsi Raymond Cousse interpellant un directeur de journal avait rappelé à celui-ci qu’en lisant sa feuille il était son humble serviteur.
Le « scintillement de la mer » me fait penser à celui d'une étoile. C'est une lumière dans la nuit. « Le phare » rappelle l'alternance du jour et de la nuit, sa lumière apparaissant et disparaissant pour guider les marins. Le « promontoire » est personnifié. D'une part il est « gentil » d'autre part il « se couronne » . Ce mot est à relier avec le verbe « distinguer » et aussi peut-être avec le fait que la demeure est ,dans le paragraphe précédent, construite sur une « éminence ». Le promontoire est un lieu , lui aussi situé en hauteur, d'où les familles attendent le retour des leurs. Par « éminence » on entend à la fois une élévation de terrain et une excellence, une supériorité introduite par le terme de couronnement .
Monsieur Songe alors qu'il attend de voir réapparaître l'embarcation disparue derrière un îlot sort de sa contemplation comme on vient à la vie par un cri. Sa bonne lui annonce un recommandé. On a besoin de sa signature. C'est assez drôle, assez cocasse. C'est du bas et du jardin que vient la demande faite à l'écrivain de recevoir un accusé réception autrement dit d'assumer ce qu'il écrit publiquement en répondant de sa personne, chez lui. La lumière vient du haut et du lointain. L''équilibre entre le haut et le bas, puisqu'il se penche depuis « le balcon » terme employé au théâtre pour l'accueil du public sur une petite galerie située à droite et à gauche de la scène, se réalise par le son et par l'interpellation. Monsieur Songe est ainsi un peu un double de Robert Pinget. Ce dédoublement, manifesté par la présence des deux personnages, s'est opéré avec la présence du vide. Peut-être a t-il fait le vide , ce jour là, en intériorisant la disparition de quelqu'un, on ne le sait pas. Peut-être a t-il tout simplement mis une partie de lui-même en retrait et fait preuve d'abnégation pour se mettre à la place du public. Nous avons assisté in vivo au dépassement de ce vide, associé à la lecture. Ce faisant nous nous remémorons qu'une des premières œuvres de Littérature était le voyage d'Ulysse sur l'eau. Monsieur Songe est en quelque sorte baptisé au royaume des Lettres c'est à dire qu'il entre dans une communauté en nous ouvrant la porte de son chez lui d'écrivant, une communauté composée de lisant.e.s. Dans cet incipit l'espace vide entre Robert Pinget et Monsieur Songe est composé de vide ; cet espace vide me semble être un espace de différenciation. La lumière est une composante importante. Le rôle moteur du vide est lié à la nuit, au rêve, au songe. Dans les formulations « j'aurai dormi » et celle de « j'aurai vécu »de Raymond Cousse il me semble que cet espace de doute, de dualité, de semi-conscience de distanciation vis à vis de soi-même et de son égo est suggéré avec ironie. On en appelle au public pour lui demander de réagir, de ne pas laisser dire qu'ils ont dormi au lieu d'oeuvrer, qu'ils sont morts en tant qu'auteur alors qu'ils existent bien, physiquement et moralement. « La mort de l'auteur » est un texte de Roland Barthes paru en 1967. Il passait pour une éminence grise et les conférences qu'il donnait à Paris étaient très suivies.
La lumière dans la nuit est un élément littéraire caractérisant les romantiques allemands. Peter Handke a sous -titré l'un de ses essais Celui sur la journée réussie : un songe de jour d'hiver.
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