Quand je pense à Frédoune , je fredonne , je fredonne ...
- lecirquedesmots
- 24 juin 2025
- 17 min de lecture
Dernière mise à jour : 26 nov. 2025

l'univers des dessins de Plantu m'a inspiré des sous-titres. Cet artiste est à la fois très changeant, il réagit vite à l'actualité politique, du dedans. Il ne se situe par en dehors, il fait corps avec les problématiques. Son nom d'artiste évoque le plein. Quelquefois c'est l'explosion de significations, d'autres fois personne n'est oublié, une autre fois c'est une tristesse qui s'épanche, encore une autre ... et la lectrice que je suis est enclin à mettre en retrait ses propres vicissitudes, à faire le vide pour accueillir, recevoir, partager celles des Autres. Dans les légendes j'ai dit quelquefois Embrasse-moi idiot.e c'est le titre d'une chanson à destination des lecteurs et lectrices de Plantu et une fois à destination des personnes appréciant Roselyne Bachelot, Ministre de la culture. Ce n'est pas pour embrasser Madame la Ministre ou dénigrer ses fonctions d'une manière par trop familière.
Retrouvez très bientôt ici mes commentaires des dessins de Plantu avec les images sans malentendu !

posté sur la page web de Plantu 1806
L’idée est celle de la sottise, associée à l’image de l’oie. Elles ont la réputation de se laisser plumer sans crier. Ici elles ne risquent pas de crier puisqu’on les gave de papier au moyen d’un entonnoir. L’idée de sottise est renforcée par la présence de ces entonnoirs car si on les retourne sur la tête d’une personne cela signifie que celle-ci perd la tête, siège de son esprit .Pourtant à Rome les oies enfermées dans le Capitole avaient crié et prévenu les Romains de l’imminence d’une attaque.
Le droit à l’expression collective est représenté par un micro en forme de tête d’oie non relié à un ou une journaliste. Au centre sous le président des U.S.A. figure bien un être humain mais il semble lui aussi avaler le papier jeté en pâture par le tribun au lieu de se servir de son bloc-notes pour écrire son propre article,son propre papier.Son nez est de la couleur du bec orange des oies.L’orange associé à la caricature de Donald Trump en structure gonflable s’est imposé dans les défilés des manifestants car la chevelure de ce dernier est rousse.
Le dessin interroge sur le pouvoir de la presse .Le geste du président des U.S.A. suggère qu’il déchire aussitôt le papier qu’il vient de lire. C’est un peu comme s’il ne fallait plus vivre que dans l’instant auquel un autre instant succéderait. Les êtres humains. es ne pourraient alors plus décider de leur vie, en se projetant dans l’avenir.
Si le capitole est le nom du lieu où s’exerce le pouvoir, d’où est demandée la capitulation du gouvernement iranien ? Où sont les formes de la solennité dans l’expression pour associer un peu les populations concernées ? Monsieur Le Président des U.S.A. est dessiné au milieu des oies et il se dirige vers la gauche vers le passé. Est-ce ce qu’il souhaite ? N’est-il pas plutôt lui aussi happé par une course vers le néant que Maguy Marin a décriée dans sa performance intitulée : Y aller voir de plus près. La chorégraphe a aussi prévenu du danger.Où est l’élan de vie, le pouvoir de création attribué aux mots par certaines religions , quand on ne pose pas sa réflexion ?
Se faire déposséder de quelque chose, c’est se faire plumer, par analogie. Ce qui est dérobé ici par la succession des communications, c’est bien la liberté .Celle de penser l’Autre, celle de l’imaginer, au lieu de le réduire à un animal domestique.
Frédoune site cirquedesmots.com
Commentaire d’un dessin de Plantu vu sur facebook et posté le 16 09 2024
Dans une critique littéraire j’ai lu le très joli mot de lisant pour évoquer une personne qui lit.A propos de ce dessin on pourrait employer les mots de dévisageant et dévisagé. Les personnes dévisagées ici ne sont pas celles dont on ne perçoit pas les traits du visage fermé par la colère.Les mains droites ne s’ouvriront pas pour accueillir l’autre dans sa différence. Les deux personnes dévisagées sont la jeune femme à terre dont le sang s’épanche hors du corps et le chef du gouvernement, ici Iranien. L’harmonie gris foncé des tenues est trompeuse. Aux bras de la victime élancés vers le ciel en signe d’appel au secours ne répond ,dans l’espace rendu visible, aucune main pour secourir, aucun membre représenté. Le même blanc sur la terre et dans le ciel disent que le temps s’est arrêté. Les plis des vêtements drapés et le turban témoignent d’une activité spirituelle. Le journaliste refuse l’intransigeance. Cette femme est étendue telle une gisante : une statue couchée ornant le tombeau d’un grand personnage et le représentant mort.Après le décès les cheveux continuent de pousser. La vie s’en est allée, elle est passée dans le regard de la Lisante que je suis devenue.
Frédoune cirquedesmots.com
Décès de Bernard Pivot
Rendez-grâce à vôtre dieu car son amour éternel (extrait d’un chant sacré )
Lors de l’émission baptisée « Julie jusqu’à minuit » et disponible sur la chaîne B.F.M. depuis le lundi 06 mai sous l’intitulé « Pivot est mort:une page se tourne » Madame Roselyne Bachelot a adopté une attitude digne, représentative des Institutions de la France.
J’ai lu un de vos livres ,Madame la Ministre de la Culture et je vous exprime ici, sur le site facebook de Plantu ,devant cette effigie de Bernard Pivot,ma considération.Cette retenue avec laquelle vous rendez hommage à sa personne est bien française et nous est commune. L’avoir situé sur l’échiquier politique européen vous honore,Vous et les petites gens,celles qui depuis un célèbre poème de Baudelaire ne font que passer et dont je fais partie.C’est pourquoi lorsque nous rendrons hommage au talent de Raymond Cousse ,l’auteur d’Apostrophe à Pivot,à notre modeste niveau,celui que les Gens de Lettres qualifiaient de « style bas »,je vous en ferai part.
Fredoune Embrasse-moi idiote ! cirquedesmots.com
en réponse à un internaute 14 mai 2024
« Nicolas Pinet »bonjour le personnage semble dos au mur L’europe se compose de nombreux pays,plus de 27.Comme l’a remarqué un internautes les drapeaux représentés ici ne sont pas facilement reconnaissables.L’air un peu désemparé,ce jeune se tient sur le seuil d’une porte.Le dessinateur le représente encadré par tous ces drapeaux qui ne lui évoquent pas une réalité connue.Qui lui ouvrira la porte qui lui apportera les connaissances suffisantes pour qu’il puisse décrypter les enjeux politiques de ces élections européennes.Les verres de lunettes sont aux couleurs des débats et des préoccupations franco-françaises .Louis 1’ était nommé le roi Soleil.Beaucoup de fêtes et de rencontres politiques ont lieu de nos jours à Versailles.Peut-être le dessin est-il représentatif d’une certaine perplexité.Les représentants s’interrogent par exemple sur la notion de progrès .Comment on vivait hier ,comment nous vivrons demain. Cabu était d’avis de mettre en place un permis de voter,pourquoi pas?Cela permettrait peut-être d’autoriser des personnes ,privées de ce droit à participer à certaines élections et à mieux considérer par un apprentissage approprié les institutions.
Les notes de musique,noires ou blanches,sont arrondies;nos oreilles réceptives se présentent sous la forme d’une cavité ronde,cette maison de la radio aussi.Mais « la musique est un cri qui vient de l’intérieur »nous chante Bernard Lavilliers.Aucune voix ne s’élève ,ce jour;les mains ne se joignent pas pour former une ronde;c’est le poing qui se ferme en signe de refus,c’est le bras qui se dresse vers le ciel pour alerter.Les métiers en lien avec la musique et les arts de la parole sont en danger.Embrasse-moi idiot! 24052024
A Pâques ou à la Trinité,à une époque incertaine,la paix,symbolisée par cet oeuf baptisé Nouvelle Calédonie, reviendra.Le lien entre la Nouvelle Calédonie et la France s’est détendu et c’est sur un fil presque mou que notre chef de l’Etat cherche un compromis.Le président Xi Ping et le président Vladimir Poutine sont très respectueusement dessinés et mis en scène.Ils n’en sont pas moins drôles ,munis de leur épuisette.Sont-ils partis à la chasse aux papillons ou aux oeufs ? Peu importe embrasse-moi idiot!Fredoune publié sur le site facebook de Plantu ce 26052024

Voici un commentaire d'un dessin de Plantu bien inoffensif et qui pourtant a inspiré du harcèlement. Le titre que j'ai choisi renvoie à celui inscrit sur une affiche. J'avais trouvé celle-ci en Belgique et je l'avais envoyée à Plantu lorsqu'il publiait chaque jour dans le journal "Le Monde"
2201 La paix commence entre nous
Après que du sel se soit échappé de la bouche de notre président, une fleur se glisse maintenant entre les lèvres de notre député pour chercher la lumière. Sur la scène politique figurent un grand ado un peu gêné et une petite dame un peu jalouse. La colère ne réunit pas. Pour autant suffit-il de laisser la rose en pot et d’arborer le tee-shirt à fleur ? Vive le langage des fleurs !Vive les arts de la parole !
Frédoune cirquedesmots.com
Critiquer une œuvre ,c’est dire ce qu’elle vous fait. Comment elle vous parcourt, pourquoi elle vous fait du bien ou du mal,pourquoi vous la lisez jusqu’au bout ou pas.A quoi elle vous fait penser,à vous personnellement,en quoi elle vous bouleverse.Critiquer c’est s’adresser à l’auteur en priorité,même si on le fait publiquement,pour partager avec lui.Je ne suis pas d’accord avec ceux des critiques qui s’expriment au nom des autres ou en fonction de ce que leurs connaissances les autorisent à dire.Le courage du critique est d’affronter ce qu’il ressent et métamorphoser ses sensations, par la volonté d’analyser et d’expliquer,en un regard qui intrigue.Pour moi jamais la critique ne doit avoir pour ambition de terminer une discussion mais au contraire d’en susciter ,en lançant des pistes de réflexion et en acceptant de donner un point de vue parcellaire qui ne révélera tout son sens que face à des point de vue différents.Si c’est pour aplatir une œuvre,la réduire à ce qu’on dit d’elle,ce n’est pas la peine.L’honneur de la critique est d’accepter de prendre des risques en pénétrant les œuvres pour argumenter.Quitte à renoncer à tout dire de celles-ci pour se concentrer sur l’apport de preuves étayant les hypothèses.Tant pis si le critique se trompe,il n’est pas un auteur!L’important est de s’aventurer, quitte à être contredit ou désavoué !
0807
Ce dessin me donne envie de fredonner le célèbre poème de Jacques Prévert « en sortant de l'école nous avons rencontré un grand chemin de fer ... tout autour de la terre ..nous avons rencontré.. la mer qui se promenait « ... « une maison qui fuyait ,fuyait devant l'hiver qui voulait l'attraper.
La joie se lit sur les visages de ces porteurs de maillot .Même si l'un tente une arabesque pendant qu'un autre ,assis dans un canoë ,semble pagayer sans rame ,l'esprit d'équipe les réunit à courir derrière le ballon .Celui-ci rebondit d'une tête à l'autre et l'alliance bleu ,blanc, rouge fait la part belle au noir et blanc:dans les buts,les lignes délimitant le terrain, les embarcations et les notes de musique. Mais le plus surprenant est sans doute ce personnage sur le banc de touche ,comme une allégorie de la notion de citoyen du monde .Le dessin en appelle aux valeurs universelles du sport.Ainsi les joueurs sont représentés sur une moitié de terrain et pas dans l'affrontement contre une autre équipe.La légende ,elle ,rappelle les origines migratoires des joueurs de l'équipe de france. Comme les différentes surfaces se superposent la pelouse pour les joueurs ,les bateaux pour les migrants, le dessin fait se rencontrer les espoirs et on comprends mieux alors que Plantu veut attirer notre regard sur la beauté du geste« tout autour de la terre la mer qui se promenait » La petite souris embarquée dans l'aventure interroge « on va où papa ? » et son regard interpelle le spectateur « as-tu vraiment du cœur supporter ? ou bien le spectacle n'est-il qu'une illusion ? Quid de la rencontre avec l'autre après le défoulement des passions ? » Alors que les images des naufrages de migrants se répètent au risque de nous faire détourner les yeux de lassitude et d'impuissance, ce dessin, d'une façon plus douce et plus originale insiste sur la main tendue vers ce ballon,dont la rondeur symbolise le ventre de l'humanité.La renaissance attendue fait courir les footballeurs et battre le cœur des migrants au même rythme effréné.
2407
Le chef de l’état, depuis la maison France, regarde s'éloigner de dos cet homme habillé modestement.La maison ressemble à un château et l'homme était au service de Mr Macron ,relié à un commandement, comme le montre le fil à l'oreille.On sent que le lien est rompu puisque pas un regard n'est échangé. Le président n 'a pas eu non plus un mot jusqu'à maintenant pour Mr Benalla. Le fil à la jambe relie désormais celui-ci à une image l'incriminant ,dont il est prisonnier. Plantu a obstrué d'un rectangle noir son regard comme s'il n'était plus digne d'être relié aux autres.Pourtant les filins du col blanc de sa veste ,qui se nouent autour du cou ,ressemblent à deux flots de larmes s'échappant du visage de l'innocence perdue ou du mariage reporté.Ce blanc renvoie à la souris sous l'arche d'entrée et contraste avec le noir sur l'écran du portable.Ce dessin montre la versatilité des situations et laisse le chef de l’état perplexe,comme un châtelain isolé.
2507
Sous l'aile droite, la protection serait tout un symbole sauf qu'un garde du corps se baignant tout habillé n'est ni discret, ni sérieux mais drôle. Sous l'aile gauche l'opinion publique réclame des explications et alors que tout le monde attend un signe du chef de l'état,patatras ,celui-ci apparaît en Icare, loufoque, dans son petit pagne. Il ressemblerait plutôt à un épouvantail. Comment chasser les mauvaises langues ? Epris de liberté mais grisé par le pouvoir de s'élever plus haut, il y a peu de chances de trouver un échappatoire et comme on connaît la fin de l'histoire, plouf, tout le monde à l'eau, c'est encore plus drôle de le voir s'évertuer à prendre de la hauteur. Un peu de dérision donne envie de profiter de ce beau soleil, avec modération. Il est temps pour le gouvernement d'aller s'aérer les doigts de pieds à la plage au lieu de s'engluer et d'avoir l'air de s'enorgueillir.
Date ?
Depuis votre jardin extraordinaire on a une vue splendide, Plantu. Nos éclats de rire fusent de cette belle planète bleue pour se dissiper dans la nuit ,à demain.
Date ?
« Les trompettes de la renommée sont bien mal embouchées » chantait Georges Brassens. Malgré les efforts de monsieur le Ministre de l'intérieur grimaçant d'ingéniosité pour faire apparaître blanc comme neige tout ce beau monde ,le garde à côté du ministre de l'intérieur est si blanc sous le képi qu'il en devient pâle. Alors qu'on annonce la canicule ,cette scène paraît intempestive et risque de perdre assez vite son caractère champêtre face à un public incrédule. Les teintes de bleu et de gris sont très douces, ainsi que les formes des montagnes ,merci pour cette délicatesse, pour cette distance, on glisse ,alors que la médiatisation se fait souvent à marche forcée.
2807
Ce dessin semble nous inviter à revenir sur terre pour comtempler l'alignement des astres en toute simplicité. Malgré le zèle dont il a fait part alors qu'on ne lui demandait rien, dessin du 26 juillet, Alexandre Benalla continue à déchaîner les réactions sans doute un peu malgré lui. Le 27 juillet la rumeur grossie et tournée en dérision par Plantu le montre s'attaquant à un poste électrique causant une panne de train et le brave cheminot, un gars sans histoire, pas un arriviste de lui faire remarquer qu'il exagère. Personnellement cela me fait un grand plaisir, cet humour si généreux. Prendre à la fois en considération le public, nous, et les politiques au cœur de la crise pour les réunir dans un dessin, quel professionalisme ,Plantu ,vous me donnez le courage de suivre un peu l'actualité. Cette distance de journaliste ,entre le peule et les acteurs de la vie publique sur le devant de la scène, est belle à voir. Cette liberté de ton n'évacue pas la tendresse, les couleurs d'aujourd'hui sont agréables et chatoyantes.
Le bleu très clair relie le visage de Mr Benalla et les sentiments de colère du spectateur, la douceur de ce bleu calme un peu le jeu. Ils s'opposent sur le fond. L'un veut se montrer et l'autre veut voir seulement le spectacle dont on lui a parlé : une belle lune .Le citoyen lambda est blanc, à part, limite pas concerné, mais comme la lune le déçoit alors il est rouge de colère ,la couleur du titre donne le sens. Vous montrez comment tout s'emballe sur le plan médiatique. Vous signez tout en bleu de celui-là même encadrant votre tableau .Tel un photographe -reporter vous vous immergez dans la réalité mais vous gardez aussi votre regard d'artiste, en acceptant de vous couper un peu du monde. Ce gris exprime l'objectivité qui fait ressortir vos belles couleurs d'été Bon week-end
3007
Le dessin du 29 juillet intitulé l'Éclipse nous résumait la situation, à savoir qu'on ne voit pas tout. Mais puisque cette fameuse zone de flou sur Jupiter demeure ,certains journalistes cherchent à susciter des révélations. Je suis bien d'accord avec l'internaute appréciant cette série Benalla.C'est aussi mon cas ,même si sur le bus deux étoiles blanches alertent ,comme deux lumières perdues dans la nuit. Le rectangle blanc à côté de la porte ressemble au panneau sens interdit du code de la route.Ici il me renvoie au rectangle noir sur le regard de Mr Benalla.Le noir et blanc signale l'impuissance avec laquelle ce chauffeur emmène les paparazi. Il conduit en aveugle. La répartie presque banale « c'est complet »du chauffeur de bus nous fait encore rire.En oublie-t-on pour autant les problèmes de transport ferroviaire des vacanciers ? La presse est comparée à une machine médiatique, à l'image de ce bus .La perte de sens est totale. On ne différencie plus le témoin volontaire qu'est le journaliste du badaud, attiré par le gôut du scandale et voulant se saisir absolument d'une réalité qui lui échappe, comme le bus des bleus. Mr Benalla paraît bien seul au volant, il conduit à droite et roule sur la voie de gauche mais deux petites étoiles lui tiennent compagnie.
3107
S'envoler vers le ciel ... mais partir c'est mourir un peu... alors le bagnard creuse,creuse... et pendant ce temps là les ronds de cuir de ces messieurs-dames de la Justice voltigent.Avec les objectifs des caméras ils forment un cercle vicieux autour de Madame la ministre.Tenant sur son estrade,tel le maître corbeau de Jean de la Fontaine dans son bec un beau discours alléchant Mme Belloubet se retrouve confrontée à cette réalité récurrente : des personnes incarcérées...pour en finir avec l'enfer carcéral creuse,creuse…
1708
Panser la plaie,oui,ce sparadrap y contribue par sa modestie.Doux,léger, il protège les blessures,sans nier l'ampleur de la catastrophe.Le blanc,comme une nécessité absolue, recouvre tout, efface toute frontière.
L'italie est connue pour l'élégance des chaussures et des vêtements qu'elle fabrique.Celle de ce regard,posé en forme de croix,place les victimes à l'abri de notre humanité.Ce sourire ne fera pas oublier la fragilité du pont mais il préserve une part de tendresse, utile pour se reconstruire, symboliquement.
1908
Avec la légèreté de l'infiniment petit Kofi Annan rejoint l'infiniment grand ,ses dossiers sous le bras.Les petits échelons noirs rappellent les étapes à franchir ,les résistances à dépasser pour rendre effectifs les droits de l'Homme.Le soleil,plein d'une chaleur réconfortante,semble dire que le combat continue sans lui qui s'envole sous les louanges de ce ciel bleu,dans la clarté d'une assomption.
2108
Les vacances se terminent mais l'allure du président de la République nous fait entrer de plein pied dans le vif du sujet.L'entrain et la détente de M.Macron contrastent avec les visages renfrognés des ministres assis autour de la table.L'air pincé de M.Philippe et les traits tirés du ministre de l'intérieur renforcent cette impression de décalage. Mr Macron,quelque peu embarrassé par ses valises,n'est pas très bien accueilli.La campagne au loin ,déjà se fige dans les chambranles de la porte, comme dans le cadre d'un tableau.Elle ne sera bientôt plus qu'un souvenir coloré,il faudra bientôt affronter la grisaille de la rentrée .Le soleil ,réellement enthousiaste, nous ravit encore ,comme un clin d'oeil.
Date ?
Le paysage attire notre attention sur l'horizon lointain et fixe l'événement dans la durée.Une nuée d'abeilles salue le départ de Nicolas Hulot.Cet envol n'est en lui-même pas susceptible de modifier les apparences, ni le cours de la vie.Et pourtant l'association de tous ces petits cœurs noirs et jaunes donne une force symbolique,celle de la vie, à cette démission.La scène se place alors au dessus du quotidien,celui de l'arrosage en masse de pesticides.Au premier plan les traits des sillons s'imposent épais et lourds en opposition aux formes délicates des insectes.Le député ayant voté pour le glyphosate est mis sur le même plan qu'un fermier déconnecté des réalités écologiques.Au volant du tracteur il tire comme une casserole,à la place de sa herse, le frontispice du Palais Bourbon dont les colonnes sont comparées à de vulgaire tuyaux.La petite victime,sous les traits de la souris, hurle comme si elle avait déjà le cancer.Cette réalité rattrape le lecteur, comme la désaffection pour la vie politique rattrapera le député.
Date ?
Ce dessin fait du bien en rappelant quelques évidences. Notre incapacité à nous organiser collectivement, pour mieux partager et changer nos mode de consommation, nous rapproche chaque jour un peu plus des ténèbres.Ce dessin élève le débat au niveau des enjeux colorés ,beaux comme les plaisirs simples, que nous offre notre planète.Si nous évoquions ensemble nos médiocrités individuelles,nous compenserions moins nos manques par une consommation effrénée et nous pourrions exposer publiquement nos limites pour les accepter. Hors ce gouvernement,qui nous représente , semble préférer le non-dit des réponses toutes-faîtes « ce n'est pas moi, c'est mon collègue ».Ramassons les patates pendant qu'il est temps !
Date ?
La main rouge impressionne elle montre le représentant des USA portant lui-même le chapeau de bouffon.Le dessinateur juxtapose cette vision tonitruante de Mr Trump avec la scène,beaucoup plus sobre d'un interview.Ce fonctionnaire s'exprime sous couvert d'anonymat.Un bandeau noir recouvre ses yeux, on distingue son impuissance à la gestuelle embarassée de ses mains. Un micro tenu dans une main droite est tendue vers lui.Le bandeau ressemble à un espace politique réduit à peau de chagrin.La séparation des pouvoirs entre l'éxécutif et le législatif implique un face à face ,des discussions,des collaborations et des débats. La presse est un témoin,relaye le débat.Souvent qualifiée de quatrième pouvoir que peut-elle faire ,d'une seule main?
Monsieur Trump est englué dans un aplat de bleu ;il voulait noyer le poisson dans l'eau pour sauver la face en se dispensant de parler du fonds. Le dessinateur noye à son tour cette image de bouffon et la neutralise en la mettant en lien avec la parole du fonctionnaire au service du citoyen.
date à reporter
Vue d’en haut,bien au-dessus des nuages,une trouée.On les aperçoit,comme dans la célèbre chanson, ils étaient vingt et cent.Les voilà!Leurs couleurs plein leurs drapeaux!Leur chant ?Un concert de nations! Leur rameau? Un brin de ciel étoilé.La colombe?une nuée d’espoirs envolés;pourtant quand le Plantu va, tout va.
date à reporter
La souris a beau se contorsionner la nuque,entre les sommes rondelettes et les politesses, nul compromis à l’horizon.L’ombre jaune sur le visage du chef de l’état a beau joliment rappeler que celui-ci mis les mains dans le moteur démocratique...Le peuple a beau être représenté tout petit et tout fripé...Mr Macron tout bronzé....Le bleu reste bleu et le rose ,rose.Chacun dans sa bulle !Rien ne va plus !
date à reporter
Le juge tient en respect l’homme d’affaires en lui pointant son arme dans le dos.Aucun n’est à sa place aux commandes de cette machine infernale,éjectant des liasses de billets comme s’il s’agissait de betteraves.Si les sillons sont noirs de tristesse,le blanc fauteuil du paysan,lui, ne s’embourbe pas.On lit sur les lèvres ondulées de la victime la satisfaction à être reconnue et son sourire radieux illumine la campagne environnante.Quand le Plantu va ,tout va.
date à reporter
La simplicité de l’écrivain offrant un récit nous rappelle que le temps de lire est un temps que nous prenons.Il est d’une autre nature que celui nous obligeant à séparer nos journées entre ce qui est fait et ce qui reste à faire. »Sans amour on est rien du tout »,chantait Jacques Brel. Les « riens du tout » ont droit à un joli coeur parce qu’en lisant ,c’est aujourd’hui qu’ils s’aiment.Quand le Plantu va,tout va.
La danse du ventre de Mr Delevoye suffira-t-elle à honorer la mémoire des anciens ?Le totem coloré représente nos ancêtres ,ceux ayant travaillé avant nous. Il nous transporte dans une époque pas si lointaine, alors que ce système de retraite par répartition n'existait pas encore. Comment respecter l'édifice culturel ?« pas plus »indique la pancarte aux spectateurs ,car on ne peut accumuler indéfiniment les étages ;enchaîner les années de travail est aussi pénible. D'ailleurs la fête semble un peu triste, la souris bien seule et même le dessinateur s'efface dans ce décor de sable. La tête, un peu rétrécie ,du souverain français, agitée au bout d'un pic sème le doute dans les esprits. Alors je chante aussi « quand le Plantu va ,tout va ! »
date à reporter
Notre œil débute sa lecture par le nom du Soudan, inscrit au-dessus de la figure pacifique d’un berger vêtu de blanc. Puis nous découvrons la stupeur, stylisée par des gouttelettes, sur les visages restitués des personnes disparues lors de ce massacre. Enfin notre lecture s’achève par la juxtaposition sur la même ligne de deux mains droites. L’une tient un bâton et l’autre un fusil. On aurait bien besoin d’une main gauche semble indiquer la signature de Plantu placée en deçà du silence imposé aux deux hommes. L’un a si peur que déjà une gouttelette apparaît sur son visage. L’autre est un homme d’armes dont l’ honneur est trahi par les serpents dépassant de son turban.
Face à la violence des paramilitaires, rien ne va plus .En faisant se croiser des regards ce dessin interpelle le nôtre. Puissions-nous imaginer, nous représenter autrement les divisions de ce pays ?
date à reporter
Ce dessin me donne envie de croiser l’actualité avec le souvenir du discours de Martin Luther King en 1963« I have a dream » qu’on peut retrouver sur le site du magazine Jeune Afrique. Puisque Mr Obama et sa famille séjournent en France, c’est l’occasion et cela en vaut la peine. Le slogan publicitaire détourné insiste sur le fait qu’il n’est pas si facile de s’inscrire dans l’histoire et de faire avancer l’humanité vers plus de fraternité.
Le rectangle passe du bleu au noir. Le citoyen ne saura peut-être bientôt plus rien de ce qui se fait, de ce qu’il se passe. La souris est un lecteur haut perché, elle voudrait bien savoir ;à contrario, Mr Trump n’a pas un regard pour le public.
date à reporter
Le fil souple semble tendu entre deux déserts culturels que l’artiste en vain essaye de relier ; traçant sa propre route. Oui Plantu la vie est symbolisée par ce poisson ;oui le plaisir du voyage est représenté par ce bateau blanc; oui la vue est belle de là-haut. « Les gens n’aiment pas que l’on prenne une autre route qu’eux » chantait Brassens dans « La mauvaise réputation »L’artiste est bien seul, encombré par son grand carton à dessin, le danger le guette. La souris se désespère.
Reverra-t-elle un jour se refléter, dans le miroir grossissant tendu par le dessinateur, le visage du puissant ,inondé par le ressenti et la colère des victimes ?Certains hommes d’affaires partagent bien moins que les hommes politiques et on n’aurait droit qu’à leur photo ?Sans le dessinateur, qui nous montrera leur vrai visage ? Quand rien ne va plus, le service communication s’occupe de tout. Alors le public se détourne, écoeuré, de cet espace public privatisé alors que même que de l’affrontement sortirait un compromis démocratique. Le dessin d’hier exprimait l’injustice dans toute sa splendeur.
Les artistes ne peuvent pas toujours quémander. Souvenons-nous de la colère de l’écrivain Raymond Cousse, dans les années 80. Il se défendait, seul contre tous. Peut-on engager un combat avec des gens sans visage ?Merci pour le soleil, merci pour ces artistes! Chantons pour eux « Je veux du soleil dans ma mémoire »,comme le chantait Mano Solo.



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