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Par Frédérique Cohignac

Visite à l'atelier de Robert Croguennec, peintre à Port-Blanc.

La beauté des oeuvres d’art constitue elle-même une médiation. Mais

pour donner le goût à vos amis visiteurs ou à vos jeunes de visiter

l'atelier de Robert Croguennec proposez leur de choisir dans un recueil

un poème à associer au tableau de leur choix. Pourquoi pas? Amusez-

vous à donner des titres pour les inviter à mieux regarder. En voici

quelques-uns : Le ciel et la mer passent une nuit blanche, Auprès de ces

arbres, nous nous étions assis heureux, Un oasis breton, Une pluie de

feuilles.

Ici les troncs s’élancent ensemble, notre regard s’élève vers les cimes.

Celles-ci pourtant ne sont pas à voir, le peintre a tracé précisément le

cadre et choisi d'attirer notre regard en bas. La lumière jaillit au pied de

cette futaie en un bouquet de couleurs et de fleurs printanières.

Les lignes courbes des arbres forment un ovale en haut pendant qu' au

sol un rond de lumière ensoleillée est projeté. Les arches donnent au

lieu un caractère intimiste.

Robert Croguennec peinture
Robert Croguennec peinture


La vigueur des herbes côtoie les tons parmes de petites formes

habilement ciselées, celles de pétales parsemées sur les tiges. On se

poserait bien là, en bordure de chemin dans cette clairière toute chaude

et notre indécision n'a pas d'importance.

Dans PREMIER AMOUR(Editions de Minuit) de Samuel Beckett un jeune

homme réfléchit à l' emplacement du banc sur lequel il est assis: ”C’est

sans doute ces arbres qui avaient suggéré, un jour qu’ils ondoyaient de

toutes leurs feuilles ,l’idée d’un banc à quelqu’un.” La peinture des

paysages par Robert Croguennec est également suggestive.

Là les feuillus sauvages, se jouent de l’ombre et de la lumière, se

rejoignent ; la verte chlorophylle resplendit. Quelques touches d’un vert

plus foncé se penchent vers l’intérieur d’un bois. Nous devinons celui-ci

sans que son ombre ne nous effraye.

Parfois les plages de sable répondent par leur silence à la plénitude

multicolore des ciels. Et quand les voiles et les nuages se gonflent

ensemble ils participent d’un souffle commun, ils témoignent du même

vent.

Les bateaux de Robert Croguennec naviguant en pères peinards
Les bateaux de Robert Croguennec naviguant en pères peinards


Les arbres, les forêts ,les chemins ,nous invitent à un dedans du monde ,

un intérieur de verdure que notre regard pénètre ; le lointain est

ailleurs : Dehors le ciel et la mer sont souvent peints inséparables l'un de

l'autre. Sur cette image nous sommes en arrêt devant les chalutiers. Ils

sont si fatigués qu'ils nous en imposent et leurs coques semblent encore

flotter sur le sable. Ludovic Janvier dans " La mer à boire "(Gallimard )

notait " on quittera toujours la mer à reculons /c’est toujours le même regret

/c’est la même lenteur debout /qui vous déchire d’avec le pays /chaque

adieu vous retourne infiniment/chaque pas qu’on pose hors de l’eau/

veut creuser jusqu’à l’eau encore "

La douceur du peintre Robert Croguennec est le pendant de l'univers

assez rude des marins à bord des bateaux. Il peint l‘attachement à la

terre; le retour à la maison, il l'embellit. Son regard nous fait nous

attarder dans des chemins de traverse et nous détend. Il nous répare de

la confrontation aux éléments.

La luminosité nous rend dans ses visions du Trégor cette nature familière si bien que tout un chacun se sent tellement chez soi qu’au lieu d’être fasciné ,

prêt à y disparaître, on choisit de refaire le chemin.


Peinture de Robert Croguennec
Peinture de Robert Croguennec


Une fois imprégné de la flamboyance des ciels, de la luxuriance de

certaines plantes nous ne feront plus la ballade avec le même regard.

On croyait être passé a côte de telle plage, de tel rocher, de tel champ

mais l'artiste fait dire à ces lieux qu’ils seront encore heureux de nous

retrouver. Le peintre nous a ramené une belle empreinte visuelle de ces

paysages. Il a saisi les couleurs de la réalité sans jamais s' emparer

de celle-ci.

Il signe avec la discrétion d'un faune en glissant son nom entre deux

touffes d'herbes sauvages.

Sur la mer grise la vague prend la forme d’un rouleau blanc ,le ciel a

beau gronder, tout s’immobilise.


Cette peinture n'est-elle pas le reflet

d’une réalité insaisissable?


A Port-Blanc son atelier jouxte une enseigne en forme de bouée le long

du front de mer au 21 rue Anatole Le Braz . Dans ce havre de paix, le

regard de Brigitte , l'âme de la maison, vous sourit. Les tableaux sont à tous

les prix n'hésitez pas à prendre contact .

Frédoune cirquedesmots.com 27 novembre 2023

 
 
 

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